Partager l'article ! Musée des Beaux-arts de Nantes/Brassai/Virée surréaliste: Virée surréaliste ...

Humide circonstance dans les rues de Nantes. L’Eau tonne. Elle exacerbe les couleurs de la ville qui
ravivent un instant, le ciel de plomb annonçant l’automne en novembre. Malgré les contrastes engageants pour l’œil de mon appareil photo, je me résous à rendre les armes avant que le rhume ne
fasse des ravages. Peut-être fatale. Cette balade a pour ennemi un vent frais qui titille, depuis près d’une heure, ma gorge déjà fragilisée par un lunatique temps marin.
Je m’arrache donc d’un pas pressant pour trouver un refuge, un parapluie. Ni une, ni deux, je le déniche
au détour du musée des Beaux Arts de la ville de Nantes, plus précisément au sein de la Chapelle de l’Oratoire. D’habitude si réticente à tout ce qui est susceptible de porter la marque des
suppôts du divin, je me surprends à pousser les portes de ce lieu pour embrasser, à l’abri de toutes précipitations, les graffitis de Brassaï. L’ami des surréalistes célébré sous des voûtes
bénites…Voilà de quoi passer au-dessus de mon athéisme d’ordinaire inébranlable !
Surprenantes, ces traces rupestres s’inscrivent dans un béton irrégulier qui revêt, pour l’occasion, des
griffures dont l’immortalité se drape dans une couverture ébène et ivoire. Instinctivement, je me noie dans ce flot de reliques de papier glacé, témoin d’un temps où la bombe de peinture, moins
récalcitrante, n’aurait pas exprimé autant que ces coups de canifs sur les murs de la société. Cette galaxie de clichés me semble tellement familière. Elle me happe. Je reste figée là, à
m’interroger sur la conception de mon monde. Un gouffre de colère aussi incisif que l’outil utilisé par ces mains, d’inspiration préhistorique, afin de graver les murs de ce Paris des années
30.
Néanmoins, si je ne veux pas passer la journée dans l’introspection, Il me faut impérativement retrouver
un pan du cercle chromatique. Le jardin des plantes à quelques pas de là, donnera les tons. Il replacera ce jour sous des hospices aussi légers que ces feuilles jaunâtres qui marquent,
gentiment leur territoire sur les bancs municipaux. L’automne s’installe et nous le fait savoir…J’en profite pour en figer les traces...
Voir album "Automne nature morte"
F.S